Voyage

  • * LA POLOGNE

    LA POLOGNE, au fil de la Vistule

     

    L’aventure commence au port de Gdansk, sur la mer Baltique.

     

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    Le sens de l’accueil légendaire des Polonais

    A son embouchure, la Vistule n’a rien d’un fleuve paisible. De solides rafales de vent soulèvent des vagues. Il faut se hâter de se glisser sur les eaux calmes de la petite rivière Szkarpawa qui serpente au cœur d’une vaste plaine fertile, couverte de céréales blondes.

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    Le port de Rybina offre une étape accueillante. Accueil chaleureux d’une famille polonaise. Tout le monde se retrouve autour de la table : les pierogis, espèces de raviolis farcis de fromage blanc, de choux, de viande ou encore de myrtilles sont succulents. La vodka glacée délie rapidement la parole, malgré la barrière de la langue.

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    Nowy Dwor Gdanski, sur la Tuga, une rivière qui déroule ses eaux vertes sur une quarantaine de kilomètres. Autour du bateau, tout n’est que marqueterie de verts, entre champs cultivés et pâtures où paissent quelques vaches placides.

    Chaque méandre offre une surprise pour les naturalistes en herbe : une poule d’eau qui fuit sous les roseaux, un couple de canards qui s’ébattent, un héron cendré à l’affût, un martin)pêcheur à moins que ce ne soit un milan noir qui cisaille le ciel …

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    Sur l’autre rive, s’ouvre un spectacle fantastique : l’immense château-fort de Malbork, le plus grand château en briques du monde, se pare de mille feux entre les rouges flamboyants du crépuscule et l’éclat des lampes qui illuminent ses remparts. Cet ancien siège du grand maître de l’Ordre Teutonique, plus connu sous le nom de Marienburg, est le plus grand ouvrage médiéval de ce genre en Europe.

     

    Un ingénieux système

    La remontée du canal Ostroda-Elblag, bordé de roseaux où niche une multitude d’oiseaux lacustres qui ne se laissent plus impressionner par le ronronnement des bateaux. Long de 82 km, ce canal affiche une dénivellation de près de 100 m. compensée par un ingénieux système de plans inclinés qui s’échelonnent sur une dizaine de km.

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    Construit en 1860, cet ingénieux système de halage exclusivement hydraulique est un chef-d’œuvre de l’ingénierie prussienne. Autrefois, il permettait de relier les communautés locales à la Baltique, encourageant ainsi le commerce des marchandises et principalement le transport du bois. Depuis l’arrivée du chemin de fer, le canal est essentiellement dévolu au tourisme et les équipements sont adaptés pour permettre le passage de différents types de bateaux, y compris des petits voiliers.

    La balade de plusieurs heures se termine sur le lac Druzno, royaume des cygnes, cormorans, poules d’eau, grues et autres aigrettes qui semblent marcher sur l’eau dans ce paradis aquatique envahi par les nénuphars et les jacinthes d’eau.

     

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  • * NOCES DE GLACE & DE FEU - Islande - mon voyage en 1999

    Avec deux cents volcans recensés et une éruption tous les cinq ans, la rude Islande traîne derrière elle une réputation de géologie infernale. Mais, pays des Vikings, l’île colérique donne d’abord, à travers ses paysages, une formidable leçon de beauté et de poésie.

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    La population de l’Islande s’éparpille sur l'île en petites taches de couleur. Ce sont des fermes séparées de toute trace de vie par des dizaines de kilomètres de désert. Ultramodernes, équipées de radios, les maisons se regroupent par sécurité.

    Au mois de septembre, les éleveurs rassemblent leurs troupeaux de moutons. C’est le grand comptage qui s’effectue avant la venue de l’hiver où la lumière ne pointe que quatre heures par jour. Disséminés dans la nature, les animaux restent alors difficiles à repérer.

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    Les grandes cassures verticales sculptées dans le basalte laissent le champ libre aux bruyantes cascades. Celle de Svatifoss est l’une des plus célèbres de l’Islande.

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    Le Vatnajökull, le plus grand glacier du pays, pousse ses convulsions figées de laves et de glaces sur un front de cent kilomètres. En dessous de lui, brûle un volcan.

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    Endormi depuis le XVIIIe siècle, le volcan Krafka s’est éveillé en 1975. En dix ans, il a « sauté » quatre fois. Sa dernière colère, en 1984, a duré trois mois.

    Les îles Vesmann portent un volcan-pâturage qui n’a pas bougé depuis des siècles. C’est sur les pentes-prairies de ces montagnes que paissent vaches et moutons.

     

    La richesse épandue des pêcheurs d’Islande

    97% des devises proviennent de la pêche. L’Islande exporte dans les barils des poissons et les chairs des trente cétacés qu’elle a encore le droit de chasser. Mais les conserveries répandent dans l’air une nauséabonde odeur de saumure, perceptible à plus de 5 km des usines.

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    Il convient encore, en admirant, de supporter le lancinant spectacle des pierres. Partout, les eaux de fonte ont décomposé la montagne. Et les morceaux de roche, comme des énigmes, ponctuent les immensités de cendres rousses, les km de plages de poussière, les nappes de mercure des lagunes. La pierre, c’est encore le basalte cassé, à la verticale, par les secousses, à des hauteurs de vertige, véritable champ libre pour le panache des cascades. La glace, sans doute ; l’eau, partout.

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    Cachée, elle coule à vive allure dans les canalisations qui alimentent piscines et serres. Et puis, il y a les « grandes eaux » de surface, nées du réchauffement des calottes et qui fusent, qui giclent, s’échevèlent, se retrouvent pour, à l’orée du précipice, faire crinière et sauter dans le vide.

    Terre du feu, l’Islande ? N’exagérons rien. Les grandes gifles du diable, bien que spectaculaires et interminables, sont rares.

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    L’Islande, c’est aussi les distances de mousses et de fleurs, armerias roses ou silènes blancs ! Et l’animal qui meuble l’espace ; quinze moutons et trois chevaux sauvages pour un habitant. Sans compter les oiseaux. Aucun repère possible ; l’Islande est incommensurable. C’est pour cela qu’elle reste le paradis imaginaire. Perce que cette île est le désert de toutes les espérances.

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    le macareux islandais

  • * LE VAL D'AOSTE

    VAL D’AOSTE – RANDONNEES AU SOMMET DES ALPES

    Le Val d’Aoste, région autonome, résonne d’un dialecte local ressemblant en tous points au français provençal. Le bilinguisme règne dans cette magnifique région alpine, la plus haute d’Italie, offrant un décor idyllique pour des vacances actives à la montagne.

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    La ville d’Aoste, nichée entre les plus hauts sommets d’Europe, jouit d’un climat plus sec que la Tunisie. Les nuages se déchargent de leurs pluies sur le Mont Blanc, le Gran Paradisio, le Mont Rose ou le Cervin. Sans les canaux d’irrigation qui redistribuent les eaux de fonte, ce serait un désert.

    La situation stratégique de la région n’avait pas échappé à l’attention des Romains qui, de ce fait, ont fondé la ville d’Augusta Pretoria Salasorum, devenue Aosta, au confluent de plusieurs fleuves et rivières.

    Le plan romain des rues du centre historique est demeuré intact et l’ensemble admirablement conservé. Un axe rectiligne relie le pont romain enjambant le Buthier, le fleuve valdôtain, à l’ancienne porte de la ville, en passant par l’arc de triomphe monumental.

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    Comme dans l’Antiquité, la Via Porte Pretoriane a gardé sa fonction d’artère principale. On y trouve tout ce que la ville compte de meilleurs traiteurs, de bars à vins, de boutiques d’alcools et spiritueux et de restaurants dédiés aux produits du cru. Admirons au passage le jardin du monastère et les fresques médiévales de la Collegiata di Sant’Orso.

     

    Un air vif et transparent

    A Aoste, pour passer des catacombes romaines aux sommets enneigés, il suffit de parcourir 30 km à vol d’oiseau. Au sortir de la ville, la route stoppe soudain tout net à Cogne, un petit village de montagne couronné par les pics immaculés de la face nord du Parc National de Gran Paradiso. L’air y est vif et transparent. En 1922, la zone tout entière a été classée réserve naturelle afin de protéger le bouquetin.

     

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    Le refuge royal

    Nous quittons le village, en route vers la Vittorio Sella Hut. Le parcours en accordéon nous conduit jusqu’aux refuges d’Herbetet, deux abris en pierre brute s’élevant dans un paysage désolé et parsemé de rochers. Les pics blancs et les glaciers semblent à portée de main. Des chamois sont accrochés à flanc de falaise. La vue sur le fond de la vallée est tout simplement époustouflante.

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    Par un petit sentier de chasse, voici le refuge royal qu’occupait le roi Victor-Emmanuel II lors de ses chasses au bouquetin. Depuis, la simple cabane s’est transformée en confortable abri montagnard. Là, sur le sommet de l’Europe, la vue qu’offre la terrasse solarium dominée par le massif du Mont Blanc, le Mont Rose et le Cervin est somptueuse.

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