les ailes du coulonneux

  • * LES AILES DU COULONNEUX

    Dans le nord de la France, il n’est guère de quartier, sinon de pâté de maisons, qui n’ait son « coulonneux ». De Dunkerque à Lille, 24.000 personnes jouent « à pigeon vole ». Jeu traditionnel de père en fils et sport populaire, la colombophilie exerce sur ses adeptes la magie de l’évasion. Elle porte les rêves et les espérances du peuple des corons.

    les ailes du coulonneux

     

    Le quai des gares pour les lâchers

    Autrefois transportés à dos d’homme, les paniers contenant une vingtaine de pigeons sont amenés en camion à l’endroit du lâcher. A 85 km de leur colombier pour les vols de vitesse et à plus de 500 pour les vols de fond.

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    Un lâcher historique : dix mille pigeons à Chantilly

    De début avril à fin août, époque comprise entre la ponte et la mue, les compétitions se succèdent semaine après semaine. Mais les épreuves les plus importantes sont les concours dits « ministériels » qui regroupent pour un seul lâcher plusieurs milliers de pigeons. Dans le Nord, chacun a son « macôt », son pigeon préféré ; un écaillé gris, un roux, un mosaïque ou un meunier. Leur nom varie selon les gens, les régions et les nuances de leur plumage.

    Certains coulonneux voient disparaître avec mélancolie les colombiers rustiques nés dans les jardins des corons du Nord. Créée il y a souvent plus de cent ans, la société colombophile s’appelait « L’Union », « l’aile de fer », « les Mineurs », les Sans-peur » … Chaque pigeon traîne deux bagues à sa patte sa vie durant ; une bague « matricule » et une bague « adresse » qui doivent être passées au plus tard dix jours après la naissance. Lors de la mise en loge, avant les concours, le pigeon va en recevoir une troisième bague en caoutchouc portant un numéro d’identification pour la course.

     

    les ailes du coulonneux

    Il peut voler à plus de 120 km à l’heure

    Le coulonneux ne sait jamais s’il reverra son pigeon, et certains lâchers prennent des allures de catastrophe les jours d’orage. Mais d’autres dangers plus redoutables guettent l’oiseau ; un chasseur, un grillage ou des fils électriques.

    Le retour au bercail est un exploit d’autant plus remarquable que le pigeon est capable, en quelques secondes, moins d’une demi-minute, de s’orienter au moment du lâcher dans la bonne direction. Son exactitude ne dépend pas de la reconnaissance de la topographie des lieux survolés, puisqu’il l’effectue aussi bien que le pigeon ait été ou non transporté dans une cage aveugle. Il semble que l’oiseau disposerait de plusieurs modes d’orientation selon les circonstances météorologiques. Le tout premier est le soleil, les nuages agiraient comme un filtre polarisant. Les pigeons pourraient ainsi situer le soleil par rapport à l’axe du plan de polarisation de la lumière. Autre mode de navigation envisagé : l’utilisation par le pigeon du champ magnétique terrestre. Mais le pigeon, pour se guider, paraît posséder d’autres facultés tout aussi étonnantes. En tout premier lieu, la mémoire. De même, son acuité visuelle est exceptionnelle. Les autres sens jouent certainement leur rôle : l’ouïe, l’odorat, par contre est très controversé.

     

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