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  • * LE NIL (Egypte - Mon voyage en 2001)

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    Descendre le Nil de ses sources à ses deux embouchures à travers l’Afrique, sur quelque 6600 km, c’est découvrir une civilisation fluviale unique au monde. Aucune des voies d’eau de la planète n’a une ligne de vie aussi mouvementée. Le Nil se dédouble en amont comme en aval, s’évapore au sud pour mieux inonder le nord jusqu’au delta. Tumultueux à sa naissance, ce dieu, en coulant vers la Méditerranée, se laisse canaliser en un cours majestueux par des hommes qui l’ont baptisé « la Mer ».

     

    Colères du géant africain

    Si, dans  sa traversée d’Egypte, le Nil, large de 800 à 1500 mètres, évoque un lac tranquille, son enfance africaine est capricieuse et violente. En Ethiopie, le Nil Bleu n’a rien à envier aux chutes de son jumeau ougandais, le Nil Blanc ; les chutes qui écument sont aval du lac Tana. Le brouillard d’eau qui est pulvérisé leur vaut le nom de Tis Esat, la « fumée sans feu ». Elles ont 50 mètres de haut.

     

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    Voie royale de hautes civilisations millénaires

    Ce fleuve lent qui apporte la vie a l’éternité pour atteindre la mer. A Thèbes, les pharaons avaient installé leur nécropole sur la rive gauche, à l’ouest, là où le soleil meurt. En Moyenne-Egypte, les musulmans ont érigé aussi une « montagne des morts » dans la chaîne arabique la plus proche du Nil. Près du village de Zaouiyet el-Nasser, on voit le moutonnement des coupoles des tombeaux.

     

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    Un jeune fleuve tombé du ciel

    « Fleuve des montagnes », le Nil n’usurpe pas son premier nom africain. Fidèle à sa légende, ne descend-il pas des monts de la Lune, dans le massif du Ruwenzori ? Une source de haute altitude plus glorieuse que sa source la plus méridionale, au Burundi …

     

    Un dieu qui s’abreuve aux monts de la Lune

    La source la plus haute du Nil naît dans les montagnes du Ruwenzori. Ce nom veut dire « faiseur de pluie » dans la langue des tribus d’altitude ougandaises. Dans ce massif, l’eau du ciel tombe plus de 300 jours par an. Ses forêts sont une éponge gonflée d’humidité. Les torrents qui se déversent en cataracte sur les fortes pentes de ce cimetière végétal grossissent la rivière Semliki qui alimente le lac Albert, grand déversoir du Nil.

     

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    Des hommes échassiers dans les marécages

    Le jeune Nil Blanc progresse comme un serpent dans les herbes en aval des grands lacs Victoria et Albert et se divise, au sud du Soudan, en un réseau marécageux inextricable que les explorateurs ont appelé le Styx. Les riverains de cette région, les Dinka et les Shilluk, de très grande taille, juchés sur leurs longues jambes, ont l’allure d’oiseaux aquatiques.

     

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    Un défi même pour les champions de canoë

    Couvrant 3100 km2, le lac Tana est le château d’eau du Nil Bleu. Celui-ci s’y jette sous le nom de Petit Abbaï et en ressort Grand Abbaï pour creuser un canyon aux falaises de basalte coupé de rapides sur 1200 m. de dénivelée. Seuls des champions canoéistes ont pu en descendre les gorges. Sur le lac, depuis l’Antiquité, les Ethiopiens transportent ainsi du bois dans des barques de papyrus.

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    L’empire du fleuve sur le désert

    Au confluent de Khartoum, le Nil Bleu transfuse ses eaux vives au Nil Blanc, exsangue après sa traversée du sud marécageux du Soudan. Leur union forme le Grand Nil qui entame ici sa fabuleuse « colonisation » du désert millénaire. L’empire des pharaons s’étendait à la Haute-Nubie.

     

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