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  • * L'ETHIOPIE

    POUR GAGNER LE SEL DU DESERT IL FAUT BRAVER LA FOURNAISE

    Le sel est un produit rare, apprécié sur les marchés de la capitale, Addis-Abeba. Pour aller le chercher au cœur de la dépression Danakil, des caravanes accomplissent un voyage éprouvant dans des conditions extrêmes. Sur place, les mineurs endurent des chaleurs parmi les plus élevées du monde.

    La température atteint plus de 60° au fond de la dépression Danakil. Sans eau ni végétation, les dromadaires ne peuvent y séjourner longtemps. Les caravanes se déplacent le plus possible au coucher du soleil.

     

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    Dans les mines à ciel ouvert, les ouvriers arrachent le sel et le taillent

    Les ouvriers de l’ethnie autochtone afar décollent de lourds morceaux de sel avec deux pieux en bois glissés dans les interstices du sol. D’autres travailleurs façonnent ensuite ces blocs en briquettes de 25 ou de 10 kilos. Ils doivent en une matinée préparer plusieurs tonnes de sel, avant l’arrivée des caravanes qui viendront le chercher.

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    Les plaques sont soigneusement équilibrées pour ne pas ralentir la marche du retour

    Des centaines de dromadaires récupèrent les plaques de sel taillées près du lac Assale. Les caravaniers les amènent juste à temps pour le chargement, afin d’éviter une trop longue attente au soleil. Résistants, ces animaux peuvent porter chacun jusqu’à 240 kgs. Mais ils sont aussi fragiles et doivent être débâtés à chaque halte.

     

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    De bivouac en bivouac, la lente remontée vers la route d’Addis-Abeba commence

    Du fond de la dépression (à moins 116 mètres sous le niveau de la mer), jusqu’à la route de Mak’ale - Addis-Abeba, sur les hauts plateaux (à plus de 2000 m d’altitude), la lente remontée s’effectue à travers des canyons surchauffés où stagnent parfois les eaux saumâtres d’un oued. Au bivouac, les chameliers font cuire du pain et préparent du thé parfumé à la cannelle. Un moment de détente que les animaux savourent en broutant quelques bottes de foin apportées dans les bagages.

    Sur les marchés de la capitale, ces barres de 50 centimètres sur 25 servaient autrefois, sous le nom de sel « amolé » de monnaie d’échange sur les hauts plateaux d’Ethiopie. Leur valeur augmentait au fur et à mesure que l’on s’éloignait des lieux de production et seul le mil leur faisait concurrence.

     

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    Sur les rives, la croûte atteint 2000 mètres d’épaisseur

    Longue de 185 km sur 65 de large, la dépression Danakil, aussi appelée Triangle de l’Afar, est née de la fracture de l’écorce terrestre dans la Rift Valley africaine. Les deux bords de la faille, constitués par les hauts plateaux éthiopiens et les alpes Danakil, s’écartent toujours d’est en ouest à la vitesse moyenne de 1,9 cm par an. Au centre, le plancher de la dépression (beaucoup plus bas que le niveau de la mer et formé par des laves volcaniques jaillissant des fissures qui balafrent le rift) continue parallèlement à s’enfoncer. C’est ce que l’on nomme une zone d’accrétion. Toujours basses, ces zones se situent d’ordinaire au fond des océans. Dans le cas de la dépression Danakil, les eaux de la mer Rouge voisine ne peuvent s’y engouffrer car les laves du volcan Alid, au nord du rift, leur font barrage. Mais les dépôts de sel témoignent des inondations passées.

     

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