au pays flottant des cuna

  • * AU PAYS FLOTTANT DES CUNA

    Au large de Panama, côté Caraïbe, un archipel d’îles minuscules, San Blas, abrite une trentaine de milliers d’Indiens. Pêcheurs et artisans, les Cuna boudent les « bienfaits de la civilisation » pour préserver leurs traditions culturelles. Mais les jeunes ne résistent pas à l’appel de la ville « blanche », Panama Ciudad.

     

    au pays flottant des cuna

    Femmes de tête maîtresses couturières …

    Les mollets serrés par des canilleras (ornements de perles sans lesquels tout Cuna ne saurait sortir de sa maison), les Indiennes se livrent à leur principale activité : la confection des fameux molas, pièces de tissu en coton richement décorées. Si elles sont expertes en parures, elles n’en détiennent pas moins le pouvoir familial et rituel.

     

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    Hommes de peine maîtres pêcheurs

    Les Cuna ont choisi de vivre en semi-autarcie. Se défiant de toute influence extérieure, ils subsistent grâce aux cultures vivrières (riz et manioc) et à la pêche. C’est à bord des cayucos, barcasses taillées dans un tronc de cocotier, que les hommes tentent d’attraper assez de poissons pour acheter le moteur hors-bord qui faciliterait leur labeur.

     

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    Chefs patelins, peuple casanier

    Au sommet de la hiérarchie Cuna se tiennent le kantule, maître de cérémonie érudit, et le sahila, chef traditionnel. Ce dernier joue le rôle de conseiller conjugal et spirituel de façon débonnaire. En général, le village tout entier participe à la construction des cases, notamment cérémonielles. Cette coutume grégaire tend à disparaître, entre autres parce que les Indiens préfèrent les maisons en dur, plus modernes à leurs yeux. C’est en bateau que les Cuna gagnent les îlots où ils exploitent de maigres plantations de cocotiers et les lopins de terre d’où ils tirent une nourriture frugale.

     

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    Des poèmes-peintures pour guérir

    Complexe, le langage Cuna écrit omet certaines consonnes de notre alphabet. Dans les années trente, on découvrit que la littérature Cuna reposait sur des manuscrits d’ "écritures-peintures " qui sont en réalité des incantations thérapeutiques ou des chants cultuels. Aujourd’hui, en raison des nécessaires contacts avec l’extérieur, le langage Cuna recule devant l’espagnol.

     

    Une volonté d’indépendance contrôle par Panama

    Plantées sur le versant caraïbe de l’isthme de Panama, les quatre cents îles de l’archipel de San Blas sont situées entre deux cents et six cents km à l’est de la capitale panaméenne. Cinquante îles seulement sont habitées.

    Les Cuna ont vécu pendant de longues années en économie d’autosubsistance. L’argent a pénétré à San Blas avec le commerce des noix de coco. L’autre ressource demeure la vente de molas aux touristes.

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