* MEMOIRE D'UN PAYS EFFACE

Il y a un siècle commençait en Turquie le massacre des Arméniens. De ce peuple et de cette civilisation chrétienne, il ne reste aujourd’hui en Asie mineure pratiquement que des ruines. Celles des forteresses médiévales et des églises à l’abandon. Ou, sur fond de mosquées, des champs de pierres, vestiges de villes autrefois riches et peuplées. En 1920, presque tous les rescapés ont fui.

mémoire d'un pays effacé

 

Le droit limité de prier discrètement

Scène exceptionnelle en Turquie : la célébration du culte arménien, la plus vieille religion chrétienne du monde, à Diyarbakir, base de l’OTAN et foyer traditionnel de l’intégrisme musulman. L’église est, en fait, une bâtisse cachée au fond d’une cour où se réunissent encore quelques familles.

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La langue arménienne sous le regard d’Atatürk

A Constantinople, l’actuel Istanbul, subsiste une petite communauté arménienne. Dans ses écoles, la langue ancestrale est enseignée aux enfants, l’alphabet inventé au Ve siècle comprend trente-huit lettres.

 

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Les vestiges rebaptisés en turc

Près du lac de Van se dresse encore un bijou de l’architecture médiévale : l’église Sainte-Croix d’Aghtamar. Le nom a été turquisé (Akdamar) pour en faire oublier l’origine. Il en est ainsi sur les cartes et les dépliants touristiques : tous les noms évoquant l’histoire et la civilisation arméniennes ont été supprimés ou rebaptisés.

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Pendant plus de deux mille ans, les Arméniens ont été présents en Asie mineure. Ils ont constitué des royaumes en Anatolie orientale et en Cilicie, au bord de la Méditerranée. Seule la région située à l’intérieur des frontières soviétiques a conservé son identité.

Khtskonk, la ville au « cinq églises ». Quatre-vingts ans plus tard, il ne reste plus que la moitié d’un des édifices. Les autres ont disparu. Ailleurs, les églises sont laissées à l’abandon, transformées en mosquées ou en granges à foin.

 

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Citoyens turcs, bon gré mal gré

La majorité des Arméniens jouissent d’un niveau de vie supérieur à la moyenne. Dans le bazar, ils tiennent des commerces de luxe.

Que reste-t-il de la présence d’un peuple et d’une civilisation qui a marqué de son empreinte la Cilicie ? Surtout des pierres, plus résistantes à l’usure du temps que les hommes. Les merveilleux châteaux médiévaux assis parfois sur des fondations romaines ou byzantines antérieures.

Sis fut le cœur de cette Arménie cilicienne, Ayas son poumon. Mais longtemps son âme résida à Hromgla, sur les bords de l’Euphrate.

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Commentaires

  • Ce peuple qui a tant souffert, méritait bien cet hommage. Bonne semaine Josiane et à bientôt.

  • merci beaucoup petit belge de ta visite

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