Animaux

  • * PLANETE DES SINGES

    Les macaques qui se baignent au Japon dans une source chaude ont étonné tous les savants. Ils ont appris seuls à laver leurs aliments puis à marcher debout pour les porter, bouleversant ainsi tous les préjugés sur l’intelligence animale et humaine. Mais, au Japon comme ailleurs, il y a aussi des macaques qui souffrent pour les besoins de la science médicale …

     

    planète des singes

    Stockés, coincés et garrottés

    A l’Université de Kyoto, 800 singes sont élevés en permanence pour la recherche. Dans les sous-sols du département de neurophysiologie, les macaques d’Asie sont parfois « stockés » pendant des mois, voire des années, dans des cages exiguës inadaptées à leurs besoins naturels. Le cou et les reins immobilisés, assis au-dessus d’un bac à déjections, ils attendent nuit et jour qu’on veuille bien les soumettre à des expériences parfois douloureuses et traumatisantes.

     

    planète des singes

    Protégé par le giron maternel

    Une mère dorlote son petit sous la neige. Habitant le nord de Honshü, les macaques japonais sont les singes les plus nordiques du monde. Ils forment des troupes de trente à sept cents individus et se divisent en véritables classes sociales. Les mâles du « cercle extérieur » servent d’éclaireurs et de sentinelles. Les dominants, « maîtres » et « contremaîtres » vivent au centre avec les femelles et leurs petits. Joueurs, lutteurs, turbulents, ils ont d’étonnantes aptitudes à l’apprentissage.

     

    Idylle avec l’espèce humaine

    Naguère effrayés par les hommes qui les chassaient, les macaques du Japon se laissent aujourd’hui approcher. Certains ont même appris à tendre la main pour quémander une friandise, alors que la plupart des singes la saisissent brutalement, parfois en mordant.

     

    planète des singes

    Plaies et bosses pur la science

    En chaise de contention, le macaque est d’abord un apprenti. Il s’initie par exemple à reconnaître des sons ou des images. Opéré du crâne, il reçoit dans le cerveau des électrodes qui détectent l’activité de ses neurones. Elles sont enfilées à travers un casque de résine moulé sur l’os crânien. Le manchon de métal sert à immobiliser la tête dans le dispositif de serrage placé au-dessus.

     

    Libérés, décoiffés et recousus

    Enlevés par un commando d’écologistes en 1985, les babouins épileptiques du Centre national de la recherche scientifique étaient équipés d’un casque de résine et d’électrodes plongeant profondément dans le cerveau. Décoiffés, puis recousus, les babouins ont été libérés dans un parc et installés sur une île inconnue.

     

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  • * BONNE NUIT LES CHAUVES-SOURIS

    Tels ces « renards volants » de Papouasie, huit cent espèces de chauves-souris se partagent le royaume de la nuit. Hétéroclites, extravagants, les chiroptères souffrent depuis des millénaires d’une malédiction surtout due à l’ignorance des hommes.

     

    les chauves-souris

    Volatile dans une peau de quadrupède

    Suprême paradoxe pour un mammifère : deux ailes de peau sombre. Le patagium, membrane qui permet de voler, est finement musclé, innervé et irrigué de sang. Comme chez les oiseaux, le sternum forme une crête (le bréchet) où s’attachent les puissants pectoraux. L’aile est une main hypertrophiée dont le pouce est une griffe, un grappin. Ce trachops d’Amérique tropicale se nourrit de grenouilles et de reptiles.

     

    les chauves-souris

    Carnaval de faciès à géométrie variable

    Selon le mode de vie de chaque espèce, les physionomies sont d’une effarante diversité. Le grand murin (France), l’eidolon (Afrique), la roussette (Asie), l’oreillard (France), l’anthrozous (Amérique du Nord), le phyllostome « fer de lance » (Amérique du Sud), le lasiurus (Amérique du Nord), le centurion (Amérique du Sud). Le grand rhinolophe doit sur surnom de « fer à cheval » à la forme des excroissances faciales de son sonar.

     

    les chauves-souris

    Chasseresses, cueilleuses, butineuses

    Pour se nourrir, les chauves-souris ont adopté des techniques variées. Un mégaderme rapporte à son petit un papillon de nuit ; un trachops capture une grenouille ; un mégaderme carnivore enlève une souris, un macroglosse lèche le nectar d’une fleur tropicale (en se chargeant ainsi de pollen, il joue un rôle capital dans la fécondation). Farouches et intolérants aux importuns, les chjiroptères s’apprivoisent pourtant aisément : l’éconycteris spélea est à la fois nectarivore et frugivore.

     

    La grotte des femelles généreuses

    Les minioptères s’entassent dans les cavernes en populeuses colonies. Roses et nus, les petits forment des crèches à part où n’importe quelle femelle allaite le premier venu. Cette espèce de petite taille est, parmi tous les mammifères non associés à l’homme, la plus répandue au monde.

     

    les chauves-souris

    Des chapardeuses très respectées

    En Asie, bouddhistes et hindouistes respectent les chauves-souris, y compris celles qui hantent leurs temples sacrés par centaines.

     

    Crucifiées bien qu’alliées des hommes

    Les chauves-souris, à l’égal des chouettes, ont été longtemps persécutées à cause de leurs prétendus maléfices. En les clouant aux portes des granges, des ruraux ignorants croyaient punir Satan et lutter contre les mauvais sorts. Ils ne faisaient, en réalité, que détruire d’innocentes créatures et de parfaites alliées de l’agriculture.

     

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  • * LES DEMONS DES GALAPAGOS

    Aux îles Galapagos, seul l’homme est dangereux. Avant sa venue, cet archipel au large des côtes équatoriennes était une sorte d’Eden peuple de créatures uniques au monde. Depuis Darwin, c’est un irremplaçable laboratoire de la nature, hélas très menacé par les activités humaines.

     

    les démons des galapagos

    Les géantes sont en train de perdre la course

    Au flanc du volcan Alcedo, sur Isabela, voici la mare aux tortues. Ces monstres sont appelés « galapagos » en espagnol. En les observant, on a l’intuition de l’Evolution. Incapables de résister aux mammifères importés par l’homme, ces reptiles ont vu leur population réduite de trois millions à quatre milliers.

     

    les démons des galapagos

    Un ballon d’amour dans une nuit de chagrins

    Gonflant d’air le sac rouge de son jabot, un mâle de frégate tente d’aguicher une femelle en vol. Groupés dans les buissons, les soupirants attirent aussi les passantes en agitant les plumes de leur poitrail et en faisant vibrer leurs ailes. Pêcheurs émérites, ces oiseaux ont été décimés par la disette : le courant El Nino a réchauffé les eaux, les rendant très pauvres en poissons.

     

    les démons des galapagos

    La rencontre des dragons et des hommes

    Avant leur découverte, les îles étaient surtout peuplées de reptiles. Les iguanes marins sont morts par milliers en broutant des algues vénéneuses. Occupées en 1832 par l’Equateur, les Galapagos ont aussi accueilli des Indiens.

     

    les démons des galapagos

    Des survivants que leur sang froid a protégés

    On suppose que les Galapagos ont été peuplées par de petits vertébrés qui auraient dérivé sur les radeaux de feuillages charriés au large par les fleuves d’Amérique du Sud. Parmi les mammifères terrestres, seule une espèce de rat (orizomys) était assez légère et peu exigeante de nourriture pour se permettre une telle traversée (1500 km). Plus endurants, les animaux à sang froid ont pu supporter le voyage, puis ont évolué en taille et en mœurs. Les animaux marins sont arrivés par leurs propres moyens.

     

    les démons des galapagos

    Quatre millions d’années pour recréer un monde

    Etendues sur 7812 km carrés en plein Pacifique, les îles Galapagos culminent à 1707 mètres au volcan Wolf et à 1689 m au Cerro Azul. Elles auraient jailli d’une fracture de la plaque océanique, voici 2 à 4 millions d’années. Les plus anciennes îles sont situées à l’est (San Cristobal), les plus récentes à l’ouest (Isabela, Fernandina). Comptant quelque vingt volcans principaux, elles jouissent d’un climat chaud et sec avec, de décembre à juin, une saison chaude et humide et une saison venteuse, sèche et fraîche de juillet à novembre. Sur les pentes sud prospèrent des forêts de scalesia ainsi que de grandes fougères et des lianes. Au bord de la mer poussent quelques mangroves, puis des cactus et de la brousse. Très peu arrosées, les îles basses (Espanola, Genovesa) sont semi-désertiques. Outre l’élevage extensif (vaches, porcs et chèvres), la pêche à la morue est, avec le tourisme, la principale activité économique.

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