Sujets divers : voyages - littérature - poésie. UN PEU DE TOUT ...

  • * PREMICES D'AUTOMNE (massif des Ecrins)

    En Valgaudemar, l’automne a le goût de la chèvre. Un plat traditionnel à partager et une fête à découvrir, dans les lumières souvent exceptionnelles de l’été indien.

    prémices d'automne

    Il n’y a pas si longtemps, la chèvre c’était le plat du pauvre.

    C’est donc l’histoire d’un plat de tous les jours qui a pris, avec le temps, des airs de fête. Afin de ne pas manquer de viande avant la salaison du porc (en novembre), dans les fermes du Valgaudemar, on salait celle des vieilles chèvres pour la conserver. On la servait ensuite avec force pommes de terre, carottes, navets et chou. La chèvre n’était donc cuisinée qu’en « vulgaire » pot-au-feu de fin de saison. Mais aujourd’hui, d’aucuns s’en font un festin. Parce que nous sommes tous un peu nostalgiques de la cuisine de nos grands-mères.

    prémices d'automne

    Les festivités commencent au moment de la foire de la chèvre en octobre, à La chapelle-en-Valgaudemar. Cette foire aux bestiaux attire beaucoup de monde et le succès du repas de la chèvre n’est pas étranger à celui de cette manifestation rurale et populaire. Durant tout le mois d’octobre, et même plus tard, les tables des restaurants du Valgaudemar proposent ce plat atypique à la demande.

    Loin de ces considérations analytiques, le repas de la chèvre est avant tout prétexte pour se retrouver entre amis, autour d’une table, dans une vallée où il fait bon vivre et manger. Aujourd’hui, le plat de la chèvre n’est plus un plat unique. Il est plutôt du genre copieux. Précédé de charcuteries de pays, il est agrémenté des célèbres ravioles, que l’on mange avec des confitures maison et miels de pays, suivis de fromages locaux. De la chapelle à Saint-Bonnet, les festins vont bon train. Qui a dit qu’en montagne, l’automne est une morte-saison ?

    prémices d'automne

     

    Sentiers Le « Valgo » au fil de l’eau

    Coiffée de sommets de plus de 3000 m, cette vallée au caractère himalayen est marquée par la présence de l’eau. L’eau dévale naturellement des épais glaciers et forme l’une des plus célèbres cascades du massif : le Voile de la Mariée. Les hommes ont aussi fait descendre l’eau des hauteurs pour irriguer les terres.

    prémices d'automne

    En empruntant le sentier de la Valgaude, on découvre l’ingéniosité de ceux qui ont construit, et qui continuent d’entretenir, les canaux, le canal des Herbeys, qui date de 1773, porte l’eau de la Séveraisse jusqu’à Chauffayer. En amont, on peut visiter le moulin de Villar-Loubière, les moulins étaient essentiels pour transformer les céréales cultivées en farine, les noix et les noisettes en huile.

     

    prémices d'automne

  • * CHRISTINE DE SUEDE

    CHRISTINE DE SUEDE, Reine des scandales

    Souveraine à 6 ans seulement, puis couronnée … roi, la sulfureuse monarque n’a cessé de démontrer, tout au long de son existence, qu’elle se moquait des conventions.

    Christine de Suède était quelqu’un de fascinant, de dangereux, d’imprévisible. Tour à tour séduisante et haïssable, passionnée et indéfendable, elle est le contraire de l’ennui.

    Née le 18 décembre 1626 à Stockholm, Christine est la fille unique de Gustav Adolf, champion de la cause protestante, roi batailleur et grand réformateur.

    Il meurt en guerre quand elle a 6 ans, et la voilà reine. On lui donne une éducation masculine, pensant mieux la préparer ainsi à son métier de monarque.

    Dotée d’une vitalité peu commune, Christine se passionne pour la chasse à l’ours et s’habille volontiers en homme, mais aime aussi se poser en protectrice des arts et des lettres. Elle devient rapidement l’une des femmes les plus cultivées de son temps. Enfant, elle parle huit langues, en maîtrise bientôt dix et ne cesse de lire.

     

    CHRISTINE.jpg

    Elle devient … roi

    En 1644, après un couronnement pharaonique et un peu étrange puisqu’elle se fait couronner … roi, elle met à profit son nouveau statut pour se créer des relations intellectuelles dans l’Europe entière. Pascal, par exemple, lui dédie sa célèbre machine à calculer et Descartes, à son invitation, s’installe à Stockholm où il décédera.

    La reine s’aliène la noblesse par ses excentricités, son mépris des convenances, ses dépenses fastueuses et son antipathie pour le mariage. « Le mariage entraîne des sujétions, je ne puis déterminer le moment où je serai en état de vaincre cette répugnance », écrit-elle.

    En 1654, après dix années de règne, Christine abdique, enlevant elle-même la couronne de sa tête. Née luthérienne comme tous les Suédois, la souveraine annonce son désir de conversion au catholicisme. Elle quitte son pays en secret et à cheval, déguisée en homme, sous le nom de comte Dohna !

    Elle prend le chemin de Bruxelles, capitale des Pays-Bas espagnols, où, dans la nuit de Noël 1654, elle devient catholique.

    Mais cette conversion ne l’assagit pas pour autant. Son séjour de 11 mois à Anvers et à Bruxelles lui vaut la réputation de lesbienne, libertine et scandaleuse. Désormais souveraine sans couronne, elle voyage dans toute l’Europe. A Rome, en 1655, elle étonne le pape Alexandre VII qui va lui donner la confirmation en faisant une entrée fracassante à cheval et en costume d’amazone.

     

    christine1.jpg

    Enterrée avec les papes

    En 1657, reçue à Fontainebleau par Louis XIV, elle fait assassiner et émasculer pour trahison le comte de Monaldesco, intendant de sa maison et aussi son amant. Elle s’en explique auprès de Mazarin : « Nous autres, gens du Nord, sommes un peu farouches ! »

    Le meurtre fait scandale et l’éloigne des affaires politiques. Installée définitivement à Rome, elle « empoisonne » la vie de quatre papes, tombe amoureuse d’un cardinal, se fait mécène, prend la défense des minorités persécutées (Juifs, protestants), écrit des maximes et finit sa vie avec tout autant d’extravagances qu’au début.

    Traitée indifféremment de « Céleste intervention » ou de « Putain accomplie », elle s’éteint le 19 avril 1689. Sa dépouille est exposée quelques jours, puis déposée sur ordre du pape Innocent XI dans la basilique Saint-Pierre. La reine convertie est ainsi l’une des 4 femmes à avoir l’honneur d’être enterrées aux côtés des papes.

     

    christine2.png

     

  • * AU PAYS FLOTTANT DES CUNA

    Au large de Panama, côté Caraïbe, un archipel d’îles minuscules, San Blas, abrite une trentaine de milliers d’Indiens. Pêcheurs et artisans, les Cuna boudent les « bienfaits de la civilisation » pour préserver leurs traditions culturelles. Mais les jeunes ne résistent pas à l’appel de la ville « blanche », Panama Ciudad.

     

    au pays flottant des cuna

    Femmes de tête maîtresses couturières …

    Les mollets serrés par des canilleras (ornements de perles sans lesquels tout Cuna ne saurait sortir de sa maison), les Indiennes se livrent à leur principale activité : la confection des fameux molas, pièces de tissu en coton richement décorées. Si elles sont expertes en parures, elles n’en détiennent pas moins le pouvoir familial et rituel.

     

    au pays flottant des cuna

    Hommes de peine maîtres pêcheurs

    Les Cuna ont choisi de vivre en semi-autarcie. Se défiant de toute influence extérieure, ils subsistent grâce aux cultures vivrières (riz et manioc) et à la pêche. C’est à bord des cayucos, barcasses taillées dans un tronc de cocotier, que les hommes tentent d’attraper assez de poissons pour acheter le moteur hors-bord qui faciliterait leur labeur.

     

    au pays flottant des cuna

    Chefs patelins, peuple casanier

    Au sommet de la hiérarchie Cuna se tiennent le kantule, maître de cérémonie érudit, et le sahila, chef traditionnel. Ce dernier joue le rôle de conseiller conjugal et spirituel de façon débonnaire. En général, le village tout entier participe à la construction des cases, notamment cérémonielles. Cette coutume grégaire tend à disparaître, entre autres parce que les Indiens préfèrent les maisons en dur, plus modernes à leurs yeux. C’est en bateau que les Cuna gagnent les îlots où ils exploitent de maigres plantations de cocotiers et les lopins de terre d’où ils tirent une nourriture frugale.

     

    au pays flottant des cuna

    Des poèmes-peintures pour guérir

    Complexe, le langage Cuna écrit omet certaines consonnes de notre alphabet. Dans les années trente, on découvrit que la littérature Cuna reposait sur des manuscrits d’ "écritures-peintures " qui sont en réalité des incantations thérapeutiques ou des chants cultuels. Aujourd’hui, en raison des nécessaires contacts avec l’extérieur, le langage Cuna recule devant l’espagnol.

     

    Une volonté d’indépendance contrôle par Panama

    Plantées sur le versant caraïbe de l’isthme de Panama, les quatre cents îles de l’archipel de San Blas sont situées entre deux cents et six cents km à l’est de la capitale panaméenne. Cinquante îles seulement sont habitées.

    Les Cuna ont vécu pendant de longues années en économie d’autosubsistance. L’argent a pénétré à San Blas avec le commerce des noix de coco. L’autre ressource demeure la vente de molas aux touristes.

    au pays flottant des cuna