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  • * RIO (Brésil)

    Jadis découverte par les Français, conquise par les Portugais, vivifiée par les Noirs, Rio de Janeiro explose. L’opulence côtoie la misère, la nonchalance se même au survoltage, le carnaval se débride jusqu’à l’angoisse.

    Aujourd’hui, déchue de son titre de capitale, la deuxième ville du Brésil n’en demeure pas moins, à l’ombre du Christ du Corcovado, une vitrine pour cent vingt millions de Brésiliens et pour tous les amoureux de son rythme.

    Rio (Brésil)

     

    Le songe le plus insensé du Créateur

    Droit devant, enrubanné de brume, le Pain de Sucre domine Botafogo, à l’entrée de la baie de Guanabara. Profonde de 30 km, parsemée de 90 îles, l’étroitesse de son chenal surprit les Portugais le 1er janvier 1502. Croyant aborder ‘embouchure d’un fleuve, ils baptisèrent Rio de Janeiro (Rivière de Janvier) l’un des plus beaux sites de la terre.

     

    Rio (Brésil)

    Le show le plus fou et le plus couru du monde

    Chaud, moite, sensuel, exubérant, le carnaval s’avance. Pour lui, pendant quatre jours et quatre nuits, Rio est dans la rue, ondulante, scintillante, fiévreuse. Les écoles de samba chauffent la piste. Et l’armada des touristes se dilue dans les rires et la sueur, victime consentante mais surprise d’un cataclysme torride.

     

    Rio (Brésil)

    La ville où le mirage du sable et de la mer est roi

    Copacabana, rivage le plus célèbre de la planète, celui où Rio s’émancipe. Comme à Ipanéma ou Leblon, tous les bonheurs y sont réunis ; les filles couleur de miel, les mâles enjôleurs, les terrasses accueillantes, les hôtels majestueux et les boutiques tentatrices. Mirage irrésistible que la plage désormais polluée qui borde un océan dangereusement agité.

    Rio (Brésil)

    Le peuple de Rio aime le jeu et la musique. Avec le berimbau, instrument africain, un joueur rythme les mouvements de jambes d’une danse d’esclave : la capoeira.

     

    Au flanc des collines, la coulée des favelas

    Les bidonvilles, les favelas poussent à un rythme infernal. Leur habitat, adapté aux pentes escarpées des collines, est un amalgame de matériaux de fortune récupérés sur les dépôts d’ordures. Leur apparence chaotique cache pourtant une organisation précise et très hiérarchisée de l’espace, des règles et des usages. Ville dans la ville, la favela fait peur à qui ne l’habite pas.

     

    Rio (Brésil)

    A manger et à boire

    Le plat favori de Rio est la feijoada, une soupe épaisse à base de haricots noirs, garnie de morceaux de bœuf, d’oreilles ou de queues de porc, de saucisses et de côtelettes. Goûtez aussi le sarapatel (ragoût de foie et de cœur de porc ou de mouton, auquel on ajoute le sang de l’animal, des tomates, des poivrons et des oignons).

    Rio (Brésil)

    En matière de boissons, la bière qu’on boit aussi à la pression a une saveur exquise.

    Ne manquez pas de goûter à la caïpirinha, confectionnée avec de l’alcool de cachaça (canne à sucre fermentée), auquel on ajoute du sucre et du citron vert. Mélangée à de la maracuja, c’est la batida.

     

    Rio (Brésil)

     

  • * DEBOUT LES TOTEMS

    Dressés devant les baraques d’un village de la côte ouest du Canada, ces totems sont destinés à séduire les touristes en mal de folklore. Ils témoignent de la renaissance de la culture indienne, longtemps bannie par le colonisateur britannique. Les secrets de la sculpture sur bois de cèdre ont bien failli se perdre, mais l’art et la liturgie des ancêtres sont aujourd’hui sauvegardés.

     

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    Toute une culture remise sur pied

    Un village perdu en Colombie britannique ; des Indiens, vêtus des couvertures-à-boutons d’autrefois, s’apprêtent à ériger un totem. Derrière eux, la « Big House » (maison communautaire) où ces hommes, à travers chants, danses et art de sculpter, redécouvrent les racines de leur civilisation. Celles-ci étaient en voie de disparition au début du XXe siècle, sous l’action conjuguée des missionnaires et des gouverneurs britanniques qui, longtemps, interdirent tout potlatch (fête traditionnelle) et tout culte qui ne fût pas à la gloire du Christ.

     

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    L’art redonne un visage aux dieux

    C’est dans les années cinquante que des universitaires canadiens ont réagi en constatant le quasi-anéantissement de l’art des Indiens Haïdas et Kwagu’L ; ils ont demandé à deux vieux maîtres sculpteurs de prendre des apprentis et de leur transmettre leur savoir d’antan. Des écoles ont fleuri. Dans le bois ou l’argilite, la cosmogonie indienne s’exprime à travers le totem où figurent la femme-cannibale, le soleil, la femme-grenouille ou l’oiseau-tonnerre, mais aussi à travers des miniatures représentant la baleine tueuse et son « esprit aigle » ou des masques de bois peints destinés à exorciser ou adorer les dieux de la mythologie ancienne. Les collectionneurs du monde entier et les musées sont friands de ces mâts-totems miniatures.

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    En 1878, des totems se dressaient par dizaines. En 1984, les intempéries et l’abandon ont eu raison de ces témoins de l’art haïda. Décimés par la variole apportée par les colons, les habitants de Skedans ont été anéantis. Seuls demeurent des vestiges pourrissants.

     

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  • * GRECE ANTIQUE (mon voyage en 1994)

    La Grèce antique, telle qu’elle nous apparaît aujourd’hui, était presque invisible il y a 150 ans. Les grandes découvertes sur les sites de l’Attique et du Péloponnèse sont comme les vestiges de remparts mis au jour près de ce monument moderne qui commémore la célèbre bataille des Thermopyles. La prodigieuse civilisation hellène date de 3500 ans et a eu d’immenses prolongements en Méditerranée, de l’Asie Mineure à l’Espagne. Un voyage aux sources de l’Occident.

     

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    Le soleil a rendez-vous avec le génie

    La Grèce est infiniment plus vaste que les Etats-Unis. Ce pays génial, peuplé de dieux et de héros, s’étend en effet aux limites de notre imagination. Sur la mer Egée, les archipels ensoleillés ont été le gué fabuleux d’une civilisation qui a rayonné jusqu’en Asie Mineure.

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    Un rocher usé qui défie le temps

    10.000 visiteurs par jour en été montent à l’Acropole d’Athènes, dominée par le Parthénon. Sur l’immense esplanade de cette citadelle où était juché le centre sacré de la démocratie modèle, fragments de colonnes et de statues sont patinés par le piétinement de la foule.

     

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    Le miracle jaillit d’abord de la mer Egée

    Près de Héraklion (Crète), le palais de Cnossos fut le centre de la civilisation minoenne. Les Cyclades donnèrent aussi leur nom à une civilisation encore plus ancienne qui, après avoir diffusé ses créations vers l’Attique, reçut en retour, dix siècles plus tard, les fruits de l’art grec classique. Apollon régna sur l’archipel. La porte qui lui est dédiée, se dresse sur le site de Naxos.

     

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    La cité des Atrides où naquit la tragédie

    Sur une colline de l’Argolide (Péloponnèse) entourée de murs cyclopéens (assemblage de blocs énormes) se dressait Mycènes, la ville du roi Agamemnon, chef de l’expédition grecque contre Troie. On y accède par la porte des Lions. Dans cette enceinte, une malédiction frappa la dynastie des Atrides.

     

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    L’imagination des hommes et la fureur des dieux

    Les artistes de la céramique ont représenté, en particulier sur les vases funéraires, les scènes les plus spectaculaires de la mythologie grecque, exemple : Oreste purifié à Delphes du meurtre de sa mère (Ve siècle avant J.C.), le meurtre des enfants de Niobé par Apollon et Artémis (460 avant J.C.) Zeus n’a pas été souvent représenté par les sculpteurs.

     

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    Les lions gardaient l’île d’Apollon

    Dans toute la Grèce, de nombreux sanctuaires ont été voués à Apollon, dieu aux multiples attributs. Ses deux plus célèbres « temenos » sont Delphes et Délos. Sur une terrasse veillent cinq lions, survivants d’un bel alignement hiératique évoquant le bestiaire égyptien.

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    Des cités qui ont inventé la politique

    L’organisation de la cité grecque de l’âge classique illustre le génie politique qui s’est épanoui aussi bien dans le Péloponnèse, avec Sparte, que dans l’Attique, sous le regard d’Athéna, née toute armée de la tête de Zeus. Les acropoles, les théâtres, les stades ont initié l’Occident à toutes les cérémonies, à toutes les pratiques et à tous les jeux dont la démocratie moderne s’inspire encore de nos jours.

     

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    Le théâtre où les Grecs venaient se purifier

    Epidaure était la cité d’Esculape, dieu de la Médecine. La représentation de la souffrance était censée purifier les passions. Dans son théâtre pouvant contenir 14.000 spectateurs, sont encore jouées les tragédies d’Eschyle et de Sophocie.

     

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    Des pionniers qui éblouirent les Romains

    Les métropoles grecques ont essaimé sur toutes les côtes du bassin méditerranéen. Un vaste empire dont les Romains subjugués héritèrent par la force du glaive. L’autonomie de ces colonies était très développée. Et leurs activités se diversifiaient dans un climat d’émulation entretenu davantage par les commerçants que par les militaires.

     

    Banquiers et courtisanes chez Artémis

    Le nom d’Héraclite a été souvent prononcé par les maîtres de la philosophie européenne. Il a été l’une des gloires de sa ville d’adoption, Ephèse, grande métropole d’Ionie. Dédié à la déesse Artémis, Ephèse a laissé de nombreuses traces de sa puissance. Et de ses plaisirs, telles des empreintes de pied indiquant aux marins en escale le chemin du lupanar. Les sermons de saint Paul qui prêcha aux Ephésiens la pureté ne les ont pas effacées. Comme Milet et Phocée, la ville battait monnaie et avait de riches banquiers.

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